La recherche de toxines assure la salubrité des produits de la mer au Canada

 

- Halifax, Nouvelle-Écosse

Mussels

Déguster un homard dans les Maritimes canadiennes, une coquille Saint-Jacques dans un café chic à Paris, en France, ou des huîtres dans des restaurants de Sydney, en Australie, voilà de quoi en faire saliver et rêver plus d'un.

Mais qu'est-ce que tous ces plats ont en commun? Ils peuvent être savourés sans danger parce que des méthodes et des matériaux de référence mis au point au Canada ont démontré qu'ils sont exempts de toxines nocives. Dans plus de 60 pays du monde, les mollusques et autres aliments sont régulièrement examinés pour détecter la présence de toxines à l'aide de méthodes basées sur des matériaux de référence certifiés (MRC) — l'étalon-or de la mesure des biotoxines, recherché et développé par le Centre de recherche en métrologie du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Reconnue internationalement comme le meilleur laboratoire de chimie analytique pour les toxines marines et d'eau douce, l'équipe de métrologie des biotoxines basée à Halifax, en Nouvelle-Écosse, a mis au point près de 40 MRC pour les biotoxines qui sont utilisés quotidiennement au Canada et ailleurs.

Les animaux marins, y compris les crustacés et autres fruits de mer, se nourrissent d'algues qui constituent une source de nourriture essentielle. Cependant, il arrive que des espèces d'algues qui produisent naturellement des produits chimiques (toxines) nocifs pour l'homme se développent. Les fruits de mer peuvent accumuler ces toxines à des niveaux qui présentent des risques pour la santé humaine, ce qui peut entraîner des problèmes comme des maux de tête, des nausées, des problèmes gastro-intestinaux, des lésions organiques et même la mort.

« Depuis le début du programme de recherche sur les toxines au CNRC dans les années 1980, l'accent a été mis principalement sur la compréhension de la biologie des algues nuisibles », indique Pearse McCarron, chef d'équipe de métrologie des biotoxines du CNRC. « Grâce à cette base de connaissances, nous avons pu faire progresser notre compréhension de la chimie des biotoxines et, en retour, développer des méthodes analytiques de pointe pour mesurer les toxines produites par les algues. »

Ces travaux ont également donné lieu à des activités de recherche sur des menaces qui n'avaient pas été envisagées auparavant. Par exemple, la tétrodotoxine (TTX) — une neurotoxine mortelle que l'on trouve le plus souvent chez les poissons-globes qui vivent normalement dans les eaux tropicales — a été détectée à des niveaux potentiellement dangereux dans les coquillages en Europe et au Royaume-Uni.

« Nous venons de terminer un projet très fructueux avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) pour mettre au point des outils analytiques et aider à évaluer si cette neurotoxine s'est déplacée dans les eaux canadiennes et si elle pose un risque pour nos mollusques ».

McCarron

Partenaires en progression

Lobster

Avec des collaborateurs au Canada et dans le monde entier, l'équipe de métrologie des biotoxines réussit à tirer parti de l'expertise interne avec des ressources externes pour aider à résoudre les problèmes rapidement afin de garantir la sécurité des consommateurs. Au Canada, ces ressources comprennent l'ACIA et Santé Canada, qui sont considérés comme des services essentiels.

Selon Cory Murphy, gestionnaire du service de chimie de l'ACIA, les efforts de collaboration avec l'équipe de métrologie des biotoxines remontent aux années 1980. « Bien que nos 2 groupes aient conclu de nombreux accords officiels, notre relation de longue date nous permet de travailler également de manière informelle — en décrochant le téléphone si quelque chose sonne l'alarme, en partageant l'équipement et en tirant parti de compétences complémentaires. » Wade Rourke, superviseur d'unité à l'ACIA, ajoute que son agence fournit au CNRC l'accès à un grand nombre d'échantillons de recherche d'un bout à l'autre du pays qui produisent des données continues pour aider à mettre à jour les MRC.

Une collaboration notable entre le CNRC et l'ACIA a débouché sur une méthode d'essai novatrice qui a été adoptée dans le monde entier. « Il s'agissait de délaisser les essais sur les animaux au profit de l'analyse chimique, explique M. Rourke. Les essais sur les animaux produisent souvent de faux positifs et négatifs, alors que les techniques modernes d'analyse chimique sont plus fiables. Elles fournissent également des informations plus détaillées qui peuvent être utilisées pour signaler un danger à un stade plus précoce. »

Au cœur du succès du CNRC dans le domaine des toxines se trouve l'expertise des 15 membres de l'équipe. « Le fait d'avoir un éventail de disciplines et de capacités au sein d'une même équipe nous confère une position unique au Canada et dans le monde pour relever une grande variété de défis posés par les toxines d'algues », indique M. McCarron, soulignant que leurs travaux sont reconnus dans le monde entier. L'équipe accueille régulièrement des visiteurs de laboratoire et forme des étudiants et des chercheurs internationaux.

Sur la piste des toxines

La vigilance constante et la qualité des tests sont essentielles à la protection de l'industrie canadienne des produits de la mer, qui exporte environ 25 % des produits de la mer du monde, pour un montant de quelque 5 G$ US. « Nous devons préserver la réputation de cette importante industrie en menant des recherches et en créant des méthodes d'analyse et des matériaux de référence sur lesquels s'appuient nos collègues d'autres ministères pour les essais réglementaires, ainsi que les chercheurs de diverses entités gouvernementales et universitaires », ajoute M. McCarron.

Ces dernières années, le CNRC a étendu ses recherches à l'évaluation des toxines cyanobactériennes d'eau douce. Si les conditions sont favorables, la prolifération des algues bleues dans les lacs et les rivières peut créer des risques pour les systèmes d'eau douce utilisés pour la consommation et les loisirs. En plus d'empoisonner les humains, cela peut affecter le bétail, les animaux domestiques et les produits alimentaires naturels.

La consommation mondiale de fruits de mer a augmenté de près de 50 % depuis que le CNRC a commencé ses recherches dans ce domaine important. Cette croissance se traduit par une pression accrue de rester vigilant à l'égard des toxines et d'assurer le développement continu des capacités en matière de recherche et de méthodes. L'expertise établie au sein de l'équipe de métrologie des biotoxines, ainsi qu'une approche progressive de la recherche, signifie que le CNRC est bien placé pour continuer à produire des résultats dans ce domaine dans les années à venir.

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