Détection plus rapide des aliments contaminés grâce à une nanotechnologie novatrice

 

- Edmonton, Alberta

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Les avancées fulgurantes de la nanotechnologie offrent de nouvelles solutions à l'industrie pour établir la salubrité des aliments.

Bon an mal an, 1 personne sur 8 environ est victime d'une maladie d'origine alimentaire au Canada. Sachant l'impact énorme de la contamination des aliments pour la santé, l'économie et l'environnement, on redouble donc d'efforts en vue de trouver des moyens de dépister plus rapidement les microorganismes pathogènes qui, non seulement, amorcent la détérioration des aliments, mais peuvent aussi se transmettre du champ de l'agriculteur à l'assiette du consommateur, via la chaîne de production et de transformation. Les fruits et les légumes, par exemple, pourraient être souillés par l'eau servant à l'irrigation, à la suite de l'usage d'engrais organiques ou lors de leur manipulation. De leur côté, les charcuteries et les saucisses pourraient être contaminées pendant leur préparation.

Quand les bactéries pathogènes doivent être identifiées et isolées avec les méthodes de dépistage actuelles, il faut parfois jusqu'à 3 jours avant qu'on obtienne confirmation qu'il y a un agent infectieux dans un aliment. « Si on le faisait plus vite, les aliments parviendraient aussi au détaillant plus rapidement », estime Ken Bosnick, chef de l'équipe du dépôt et de la caractérisation des nanomatériaux au Conseil national de recherches du Canada (CNRC). « Nous espérons réduire le temps requis pour déceler les agents pathogènes à huit heures, en recourant aux nanomatériaux et aux dispositifs de détection les plus avant-gardistes. »

Aider le secteur alimentaire à garantir la salubrité de ses produits

Le CNRC et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) collaborent étroitement dans l'espoir de mettre au point des méthodes d'analyse susceptibles de remplacer les méthodes classiques. Selon Louise Deschênes, scientifique à AAC, la nouvelle approche fait appel à une plateforme de détection composée de capteurs qui combinent sensibilité, spécificité, rapidité, économie et simplicité d'utilisation.

Cette plateforme devrait accélérer le dépistage des agents pathogènes à l'origine, notamment, de la listériose et de l'hépatite A. Pour déceler rapidement un très petit nombre de bactéries, elle utilise des nanomatériaux novateurs, qui se prêtent à merveille à maintes applications de détection en raison d'un rapport surface/volume extrêmement élevé. Ainsi, des nanocapteurs quasi invisibles pourront surveiller des tonnes d'aliments afin d'en établir la qualité et la fraîcheur durant leur conditionnement ou leur entreposage, mais aussi sur les étagères du commerce de détail. Des méthodes rapides permettant de découvrir les agents pathogènes à l'origine des maladies d'origine alimentaire aux points de contrôle contribueraient sans nul doute à rendre les aliments plus salubres.

Pour Mme Deschênes, les 2 organisations se complètent par leurs compétences et leurs connaissances uniques. « Une synergie exceptionnelle anime l'équipe multidisciplinaire, ce qui lui permettra de résoudre des problèmes complexes en microbiologie, chimie des interfaces, nanotechnologie, sciences des matériaux et analyse de la matrice des aliments, affirme-t-elle. Ces travaux déboucheront sur des outils très pointus, reposant sur la nanotechnologie, à l'intention de l'industrie alimentaire, et tout le monde en profitera le long de la chaîne d'approvisionnement. » On songe notamment à adapter les techniques de détection des organismes pathogènes employées pour contrer la guerre biologique et les menaces à la sécurité en les appliquant aux aliments.

Récolter les résultats

Mme Deschênes souligne qu'une plateforme de détection rapide des risques convenant à la transformation des aliments ne pourra qu'accroître la compétitivité et la prospérité de l'industrie. Elle croit que le projet ouvrira aussi de nouvelles pistes de développement, notamment dans les nanomatériaux évolués et les technologies novatrices dont les transformateurs pourront se servir afin de rendre les aliments plus salubres.

« Par ses résultats, le projet réduira le nombre de maladies d'origine alimentaire et fera du Canada un chef de file en salubrité des aliments, conclut-elle. Il en découlera des retombées incroyables en matière de santé publique et de marchés d'exportation. »

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