Réponse à la COVID-19 : Tests et diagnostics

 

Le Canada a besoin de différents types de tests pour répondre aux exigences en matière de quantités et de capacités à diagnostiquer les personnes infectées et à comprendre la propagation de la COVID‑19. Les tests doivent être effectués dans divers environnements, notamment dans des environnements centralisés (hôpitaux ou laboratoires d'analyse) ainsi que dans des points de service (cliniques locales et centres de soins de longue durée). Pour enrayer la propagation de la COVID‑19, le gouvernement du Canada concentre ses efforts à renforcer les capacités du pays à développer des solutions novatrices en matière de tests et de diagnostics et à acquérir des fournitures essentielles en se servant des programmes industriels et d'innovation déjà en place, comme le programme Solutions innovatrices Canada (SIC).

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Dépister la COVID‑19 : en quête de solutions diagnostiques

Depuis l'arrivée de la pandémie, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) collabore avec des entreprises et ne cesse de les appuyer pour mettre au point des technologies révolutionnaires dont pourront se servir les organismes canadiens de santé publique. Il a notamment joué un rôle majeur dans les efforts déployés par la nation pour trouver des méthodes sûres et fiables de diagnostiquer et de surveiller le nouveau coronavirus, en d'autres termes les tests sans lesquels il serait impossible de gérer la maladie et de permettre aux Canadiennes et Canadiens de retourner sans danger au travail ou en classe.

 

Bâtir une équipe

La pandémie ne faisait que commencer que le CNRC réunissait déjà ses experts pour subvenir aux besoins naissants au pays. Par l'entremise de son réseau de conseillers en technologies industrielles et de son site Web, il a convié les entreprises canadiennes à lui faire part des technologies et des solutions qu'elles envisageaient pour vaincre la COVID‑19. L'exercice a engendré une panoplie de pistes de recherche, rien que sur le plan du diagnostic et des analyses qui s'y associent. Le Programme d'aide à la recherche industrielle du CNRC (PARI CNRC) a donc mis en place une équipe de spécialistes pour travailler sur le dossier avec les entreprises canadiennes et évaluer leurs capacités, pour se pencher sur les solutions proposées, et pour déterminer celles qui sont les plus susceptibles de répondre aux besoins à court, à moyen et à long terme du Canada en matière de diagnostic et de surveillance.

Les efforts de l'équipe d'experts en diagnostic du PARI CNRC sont multiples. Elle a, par exemple, fourni des conseils et apporté son soutien aux entreprises de diagnostic canadiennes pour les aider à surmonter les obstacles techniques et réglementaires, à adapter leurs procédés de fabrication et à dénicher les spécialistes et les matériaux avec lesquels elles feraient progresser la recherche‑développement (R‑D) et intensifieraient la production. En plus d'offrir les services consultatifs du PARI CNRC et des fonds pour la R‑D aux entreprises admissibles, l'équipe a joué un rôle déterminant en rapprochant les candidats les plus prometteurs d'autres partenaires du gouvernement, sources de financement et programmes mis en place pour combattre la COVID‑19.

En vedette : LuminUltra

Située à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, l'entreprise LuminUltra est reconnue dans le monde entier pour ses tests et ses réactifs de biologie moléculaire destinés à la surveillance environnementale, industrielle ou médicale. L'entreprise a réagi immédiatement à l'annonce de la pandémie en élargissant ses capacités de manière à fabriquer les éléments d'une trousse diagnostique qui satisferait les organismes de santé publique du Canada et d'ailleurs.

Le PARI CNRC s'est allié à l'Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) et à NGen, la supergrappe canadienne de la fabrication, pour aider LuminUltra à développer une trousse d'analyse pour le nouveau coronavirus. Forte de cet appui, l'entreprise a intensifié ses procédés de fabrication en leur ajoutant des chaînes robotisées, en doublant ses effectifs et en aménageant une nouvelle installation où la trousse sera fabriquée comme le veut la réglementation de Santé Canada. Durant ce cheminement, l'équipe d'experts en diagnostic du PARI CNRC n'a cessé d'épauler LuminUltra pour qu'elle renforce une chaîne d'approvisionnement déjà solide avec d'autres matériaux d'origine canadienne, plus faciles à se procurer et moins susceptibles d'accuser les retards ou de connaître les difficultés qui découlent souvent de l'importation.

En un rien de temps, LuminUltra a mis au moins des trousses pour dépister la COVID‑19 en clinique et dans l'environnement. L'entreprise commencera à fabriquer ses tests cliniques au Canada dès qu'elle aura reçu le feu vert de Santé Canada. Chaque semaine, LuminUltra produit déjà des millions de trousses de dépistage environnementales pour le Canada et pour aider les pays qui sont aux prises avec un taux d'infection beaucoup plus élevé à lutter contre la pandémie.

 

Lancer un défi à l'industrie

En avril 2020, le CNRC et l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) s'associaient pour mettre l'industrie au défi de trouver comment diagnostiquer la COVID‑19 par l'entremise de Solutions innovatrices Canada, programme fédéral qui aide les innovateurs du pays à résoudre des problèmes très concrets en subventionnant la R‑D ainsi que l'essai de prototypes dans des conditions réelles. Quatre projets ont reçu un financement de la phase I du PARI CNRC au montant de 1,2 million de dollars.

Ces entreprises s'activent maintenant à prouver que leur solution est la bonne et qu'elle aboutira à une épreuve à usage unique avec laquelle on dépistera la COVID‑19 chez une personne dans les 3 jours suivant l'apparition des premiers symptômes, autrement que par un écouvillonnage nasopharyngé. Celles qui réussiront passeront à l'étape suivante et recevront de nouveaux fonds à l'automne 2020 afin de réaliser un prototype.

En vedette : Diagnostics Biochem Canada

Depuis plus de 45 ans, Diagnostics Biochem Canada (DBC) s'est donné pour mission de concevoir et de commercialiser des trousses d'analyse immunologique uniques pour le secteur de la santé. Avec une telle expérience, l'entreprise était bien placée pour contribuer aux efforts déployés par le Canada pour vaincre la COVID‑19.

Les tests mis au point par DBC doseront les anticorps sanguins produits en réponse à une infection au SRAS‑CoV‑2, une donnée essentielle pour établir dans quelle mesure la population a été exposée au virus et prendre une décision éclairée sur divers aspects, comme le retour des gens au travail. À plus longue échéance, un tel test nous aidera à établir l'efficacité d'un vaccin contre la COVID‑19, car il mesurera la réaction immune qui suit son inoculation.

Parallèlement, l'entreprise développe un deuxième test qui permettra le dépistage de la COVID‑19 par une goutte de sang prélevée au point de service par une simple piqûre au doigt. Une fois séché, le spécimen sur languette est envoyé par la poste en vue d'une analyse en laboratoire.

Le test sanguin de DBC est unique, car il quantifie 3 sortes d'anticorps (les IgA, IgM et IgG), ce qui en accroît la précision. La mise au point du test, pour analyse en laboratoire, est financée conjointement par le PARI CNRC et le ministère de la Défense nationale. En cours de route, le PARI CNRC a aiguillé l'entreprise vers d'autres partenaires en puissance comme Innovation, Sciences et Développement économique Canada, NGen (la supergrappe canadienne de fabrication), la Société canadienne du sang et Santé Canada.

Enfin, le CNRC a aidé l'entreprise à naviguer dans les méandres de la réglementation lorsqu'elle a soumis son épreuve de laboratoire sur les anticorps à Santé Canada afin de la faire approuver. L'industrie et les fournisseurs de soins de santé pourront recourir à cette dernière dès qu'elle aura été sanctionnée par le ministère.

 

Travailler avec le Programme Défi en réponse à la pandémie

Le CNRC ne se contente pas à soutenir les entreprises en quête d'une solution à court terme pour dépister la COVID‑19. Il investit dans de nouvelles technologies diagnostiques afin de répondre aux besoins émergents et prévisibles en santé publique. Ainsi, dans le cadre de son Programme Défi en réponse à la pandémie, il a récemment lancé un appel pour trouver des collaborateurs qui l'aideront à concevoir un nouveau test pour dépister rapidement le virus ou l'un de ses composants dans la salive, et ce, sans devoir recourir à des réactifs ou à des appareils de lecture classiques. Pareil dispositif faciliterait le diagnostic hors clinique, soit au lieu de travail, à l'école ou à domicile. On espère que les partenaires de recherche des universités ou de l'industrie contribueront à l'élaboration de solutions qui reposent sur l'analyse moléculaire et seront intégrées aux technologies du CNRC, puis produites à grande échelle. Consécutivement à cet appel, le CNRC collabore avec 4 partenaires au développement conjoint de cette technologie. Outre le Programme Défi en réponse à la pandémie, le CNRC continue d'appuyer diverses entreprises canadiennes qui mettent au point des tests de dépistage salivaire.

En vedette : Precision Biomonitoring

Precision Biomonitoring est un chef de file dans l'industrie. Cette entreprise de Guelph (Ontario) crée des outils pour des applications qui détectent l'ADN sur les lieux, quand il s'impose de le faire sans délai. Au départ, l'idée était de surveiller l'environnement, plus exactement d'identifier des organismes aquatiques ou terrestres. Par la suite, l'entreprise a étendu cette surveillance aux agents pathogènes qui contaminent les aliments, les animaux d'élevage et les cultures. Elle s'est vite ralliée au gouvernement canadien quand il a mobilisé l'industrie pour combattre la COVID‑19. Depuis le début de la pandémie, le PARI CNRC et Precision Biomonitoring ont discuté de nombreuses possibilités en vue de financer la trousse de diagnostic de l'entreprise.

En mars et en avril, avec le concours du PARI CNRC et du Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine du CNRC, l'entreprise a trouvé des partenaires canadiens pour l'aider à développer et à industrialiser sa technologie, notamment des fabricants de réactifs lyophilisés pour la bandelette d'essai. Le PARI CNRC a aussi guidé l'entreprise et l'a aiguillée vers d'autres bailleurs de fonds, comme la supergrappe canadienne de fabrication NGen. Enfin, les conseillers en technologies industrielles du PARI CNRC ont offert plusieurs séances de consultation à l'entreprise pour l'aider à composer avec les exigences de Santé Canada quand elle lui a présenté son test de dépistage de la COVID‑19 afin de le faire sanctionner.

Les « Go-Strips » que fabrique l'entreprise sont conçues pour repérer de nombreuses cibles sur le virus SRAS‑CoV‑2. Combinées à un dispositif de diagnostic à piles qu'on peut emporter partout, les bandelettes permettent d'analyser simultanément neuf échantillons et d'obtenir les résultats en l'espace de 90 minutes. Grâce au financement de NGen, annoncé récemment, l'entreprise a optimisé sa capacité de production à 15 000 tests par semaine, laquelle devrait passer à 1 000 000 de tests par semaine d'ici cet automne. Precision Biomonitoring travaille avec Santé Canada afin de faire sanctionner son test de dépistage de la COVID‑19. Cela fait, elle pourra offrir au Canada et à d'autres pays un test de facture canadienne, stable à la température ambiante, pour dépister le nouveau coronavirus.

 

Connecter les chaînes d'approvisionnement et se préparer à l'avenir

Garantir que l'on pourra dépister la COVID‑19 au Canada ne s'est pas fait sans mal. En effet, le Canada compte depuis toujours sur l'importation pour se procurer les enzymes, les composés chimiques ou le matériel d'essai que cela suppose. Or, quand tous les pays du monde cherchent la même chose, comme c'est le cas lors d'une pandémie, on ne peut plus compter sur sa chaîne d'approvisionnement habituelle. En tandem avec les ministères, les universités et les fabricants, le PARI CNRC et les centres de recherche du CNRC ont multiplié leurs efforts pour sécuriser la chaîne d'approvisionnement canadienne, rassemblant les réactifs, les écouvillons et les autres pièces que requiert la trousse diagnostique.

 

Financer les principaux facilitateurs canadiens pour qu'ils mettent au point des trousses de diagnostic de la COVID‑19

En recourant au programme SIC, l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) et le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) ont pu collaborer pour lancer le défi intitulé « Trousse de diagnostic de la COVID‑19 au point de service » – en vue de trouver une solution directement des petites et moyennes entreprises canadiennes.

Le CNRC investit près de 1,2 M$ pour soutenir 4 entreprises qui travaillent à relever le défi :

  • Deep Biologics Inc. obtient 300 000 $ pour mettre au point un dispositif portable de la taille de la paume de la main qui peut détecter la protéine virale du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS‑CoV‑2) du SRAS dans la salive et fournir des résultats en 20 minutes.
  • Fourien Inc. se voit octroyer 296 500 $ pour mettre au point un dispositif de point de service jetable et peu coûteux pour la détection rapide du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2), en détectant l'acide ribonucléique (ARN) viral dans la salive, avec des résultats en moins de 5 minutes.
  • Metabolic Insights Inc. reçoit 300 000 $ pour adapter un dispositif existant qui détecte les niveaux d'insuline dans la salive. Le nouveau dispositif détectera la présence de la protéine virale du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) dans un petit échantillon de salive, avec des résultats à l'intérieur de 15 minutes.
  • Nicoya Lifesciences Inc., quant à elle, reçoit 299 190 $ pour mettre au point un dispositif rapide, peu coûteux et facile à utiliser, en utilisant la technique éprouvée d'essai immuno-enzymatique (ELISA). Ce dispositif jetable à usage unique détectera la protéine virale du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) dans un échantillon de salive, fournissant des résultats de qualité laboratoire en moins de 20 minutes.

Puisque le virus de la COVID‑19 se trouve dans la salive d'une personne infectée, un test de salive est moins invasif et est donc préférable à un échantillon prélevé par écouvillonnage du nasopharynx ou à une prise de sang. C'est pourquoi ces entreprises ont proposé des méthodes nouvelles et novatrices pour détecter la présence du coronavirus dans la salive.

En réponse à la phase 1 du défi, ces entreprises mettront à profit leur expertise et leurs capacités en R-D pour démontrer la faisabilité de leur solution comme trousse de test rapide à usage unique. Ainsi on pourra diagnostiquer la COVID‑19 de personnes dans les 3 jours du début de leurs symptômes, et ce, à l'aide d'un échantillon autre qu'un échantillon prélevé par écouvillonnage du nasopharynx. Si la phase 1 du défi est couronnée de succès, ces entreprises pourraient recevoir chacune jusqu'à 2 M$ pour qu'elles créent un prototype de la solution qu'elles proposent.

 

Ressources liées à la COVID‑19 pour les chercheurs et les cliniciens au Canada

En plus de ses projets de recherche déjà en cours, le Conseil national de recherches du Canada contribue au portail des ressources canadiennes de lutte à la COVID‑19, un portail Web conçu pour aider les personnes travaillant sur des initiatives de recherche-développement liées à la COVID‑19 au Canada à établir des liens et à trouver les ressources humaines, les experts, les réactifs et le matériel dont elles ont besoin.

Depuis le lancement du portail en mars 2020, le nombre de bénévoles a plus que doublé. Cette croissance s'est également accompagnée par une multiplication des projets, des opportunités et des initiatives connexes. À ce jour, le portail a recruté plus de 3 400 bénévoles et présente plus de 160 projets et opportunités de financement liés à COVID‑19, ainsi que plus de 150 initiatives.

Pour en savoir plus sur Simon Foote, l'ingénieur en logiciel de recherche qui a contribué au développement et au lancement du portail, visitez la section « Nos chercheurs ».