Réponse à la COVID-19 : Les entreprises canadiennes au cœur de l'action

 

Les petites et moyennes entreprises (PME) du domaine des technologies et de l'innovation sont l'épine dorsale de notre économie, et, pendant plus de 70 ans, le Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI CNRC) leur a fourni des conseils, des contacts et un soutien financier pour les aider à accroître leur capacité d'innovation, à commercialiser leurs idées et à croître. Depuis mars 2020, le PARI CNRC se mobilise pour appuyer les PME qui participent à la lutte collective contre la COVID-19 et cherchent à protéger les personnes aux prises avec la pandémie dans l'espoir que le Canada s'en tire au mieux de la crise qui secoue le monde.

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Le Programme d'aide à l'innovation du PARI CNRC

Si maintes entreprises canadiennes ont réussi à adapter leurs pratiques et leurs installations pour répondre aux besoins liés à la COVID-19, plus nombreuses encore sont celles qui ont du mal à composer avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, les problèmes de liquidités, l'affaissement de la demande et un accès malaisé à l'aide qui leur est proposée dans le contexte de la pandémie. En plus de conseiller et de soutenir les PME qui constituent sa clientèle comme il le fait depuis plus de 70 ans, le 22 avril 2020, le PARI CNRC profitait des 250 M$ supplémentaires que lui a octroyés le gouvernement canadien pour lancer son Programme d'aide à l'innovation. En alimentant au-delà de 24 000 emplois, le nouveau programme contribue à protéger la prochaine génération d'entrepreneurs canadiens et leurs effectifs, cela afin de mettre toutes les chances de notre côté et que nous puissions aller de l'avant, une fois que la pandémie sera du passé.

Pour en savoir plus à ce sujet, visitez la Foire aux questions du nouveau Programme d'aide à l'innovation du PARI CNRC.

 

Aider l'industrie canadienne à fabriquer des ventilateurs

Quand la pandémie a éclaté, le gouvernement canadien s'est tourné vers les entreprises et les fabricants du pays, les priant d'intensifier la production des fournitures médicales de facture canadienne dont on avait tant besoin. En tête de liste figurait le ventilateur, appareil d'une importance vitale pour les personnes les plus gravement atteintes par le virus, car il les aide à respirer quand leurs poumons n'y suffisent plus.

Une réponse bien orchestrée

Les entreprises canadiennes se sont vite mobilisées en formant divers consortiums nationaux et provinciaux qui se sont donné pour tâche d'accélérer la fabrication des 40 000 ventilateurs que réclamait le gouvernement fédéral. Le CNRC a joué un rôle déterminant à cet égard en aidant les membres des consortiums à surmonter la foule d'obstacles techniques et d'embûches que suppose la conversion de l'outillage ou des opérations pour la fabrication des ventilateurs souhaités.

Grâce à ses liens étroits avec l'industrie et son vaste réseau d'experts, le PARI CNRC est devenu une véritable bouée de sauvetage pour les entreprises canadiennes qui se sont engagées dans l'aventure. Il a monté une équipe de spécialistes qui a épaulé les entreprises en les aidant à résoudre rapidement leurs problèmes et à intensifier la production. L'équipe leur a notamment trouvé des fournisseurs pour les pièces essentielles, a aiguillé les entreprises vers les bons experts techniques et les a guidées à travers les méandres d'une réglementation complexe. Dans cette optique, les spécialistes du PARI CNRC ont rédigé un rapport qui analyse sommairement les capacités canadiennes sur le marché des ventilateurs. Les ministères fédéraux auxquels le rapport a été remis s'en sont servis pour combler les lacunes identifiées et mieux cerner les possibilités. Avec de tels mécanismes d'aide, les entreprises du pays commencent à progresser considérablement dans la production de ventilateurs, veillant ainsi à ce que la nation dispose d'un stock suffisant de cet équipement vital dans la lutte qui se poursuit contre la pandémie.

Des progrès majeurs

Depuis que la pandémie a éclaté, le CNRC n'a cessé d'appuyer les nombreuses initiatives que prennent les entreprises, les fabricants et les fournisseurs des chaînes d'approvisionnement du Canada pour multiplier le nombre de ventilateurs. Ces interactions ont engendré un bagage collectif de connaissances et d'expertise au sein de l'organisation à l'origine de plusieurs réussites, dont celles que voici.

Baylis Medical (Mississauga, Ontario)

Fort de son expérience dans la fabrication de pointe de dispositifs médicaux pour la cardiologie et la santé vertébrale, Baylis Medical a entrepris de mettre au point le ventilateur Baylis-V4C-560, en tandem avec le consortium Ventilators for Canadians. Le PARI CNRC a aidé l'entreprise à trouver un ASL 5000, l'appareil qui simule la respiration et dont elle avait absolument besoin pour tester et valider son nouveau ventilateur. Le PARI CNRC a aussi mis l'entreprise en contact avec un fournisseur, expert dans l'assemblage et l'équilibrage des ventilateurs à refoulement. Enfin, le PARI CNRC a monté une équipe spéciale, composée de conseillers en technologie industrielle et de chercheurs du CNRC possédant de l'expertise dans l'équilibrage des moteurs, pour aider l'entreprise à surmonter ses problèmes techniques. Santé Canada a récemment donné son sceau d'approbation au ventilateur de Baylis.

« Nous sommes fiers de nous être associés au PARI CNRC dans le cadre de cette importante initiative au service des patients canadiens. Pour nous, le soutien du PARI CNRC s'est avéré d'une valeur inestimable, car il nous a permis de surmonter rapidement les obstacles techniques et d'accélérer la fabrication des ventilateurs dont on a tant besoin. Sans ses conseillers Baraa El-Kadri et Manfred Vormbaum, pour ne mentionner qu'eux, nous n'aurions jamais pu fabriquer ces ventilateurs. »

Neil Godara, vice-président et directeur général, Baylis Medical Company Inc.

StarFish Medical (Victoria, C.-B.)

StarFish Medical est la plus grande entreprise du Canada à se spécialiser dans la conception de dispositifs médicaux. Elle fait aussi partie du projet Canadian Emergency Ventilators, une des 4 initiatives ayant pour but la fabrication de ventilateurs au pays. Piloté par StarFish Medical, en collaboration avec d'autres partenaires, et financé par la supergrappe canadienne NGen (Fabrication de prochaine génération Canada), le projet prévoit la modernisation du « respirateur Winnipeg », déjà vieux de trente ans, et de la propriété intellectuelle qui s'y associe, afin de l'adapter aux besoins actuels de la chaîne d'approvisionnement canadienne et à la COVID-19. Grâce au PARI CNRC, l'entreprise a pu obtenir des simulateurs de respiration ASL 5000 pour tester et valider son dispositif, ainsi qu'aplanir diverses difficultés au niveau de la chaîne d'approvisionnement. À présent, StarFish attend que Santé Canada donne le feu vert au modèle repensé de son ventilateur.

« Le PARI CNRC nous a dispensé une aide cruciale quand nous avons cherché les experts et l'équipement nécessaires pour tester et valider le ventilateur Winnipeg après sa modification. Le PARI CNRC nous a aussi été d'un grand secours en nous mettant en contact avec d'autres entreprises qui avaient des solutions à nous proposer. »

John Walmsley, vice-président, Relations stratégiques, StarFish Medical

CAE (Montréal, Quebec)

CAE Healthcare est l'une des 3 branches principales de CAE, chef de file mondial dans la prestation de services de formation en aviation civile, en défense et en sécurité de même que dans le domaine des soins de santé. CAE Healthcare propose des outils pédagogiques qui aident les professionnels de la santé à dispenser des soins sûrs et de haute qualité aux malades.

Le CNRC a procuré un soutien précieux à l'entreprise quand elle a choisi de réorienter ses activités afin de répondre aux besoins des Canadiens en concevant et fabriquant des ventilateurs supplémentaires. Des experts du Centre de recherche sur les dispositifs médicaux et du Centre de recherche sur l'automobile et les transports de surface du CNRC, de même que des membres du Soutien à la gestion des affaires et des Services de conception et de fabrication de l'organisation se sont donné la main pour faciliter l'initiative. Plus précisément, le CNRC a guidé CAE dans sa réponse à l'appel du gouvernement canadien et lui a prodigué des conseils ainsi qu'une expertise scientifique quand l'entreprise a dû composer avec les problèmes d'oxydation et les normes ISO sur la biocompatibilité afin de s'assurer que son ventilateur diffusait un air assez pur et salubre pour être respiré. Le CNRC a de surcroît aidé l'entreprise à sélectionner les matériaux indispensables à la fabrication de l'appareil, et lui a suggéré des méthodes pour le nettoyer et garantir un fonctionnement sécuritaire de ses principaux éléments. Le 17 juin 2020, CAE annonçait que Santé Canada avait homologué son ventilateur et, en juillet 2020, l'entreprise commençait à les expédier au gouvernement du Canada.

« Le CNRC nous a dispensé un appui précieux au moment où l'appel a été lancé, notamment en nous procurant l'expertise technique qu'il nous fallait pour adapter nos opérations et produire des ventilateurs sûrs et fiables pour les Canadiens. »

Pascal Grenier, vice-président, Opérations mondiales, Technologies et innovation, CAE

Et maintenant?

Le CNRC continue d'appuyer la fabrication de ventilateurs canadiens alors que les entreprises et les consortiums en accélèrent la production afin que les professionnels de la santé du pays disposent de ces appareils médicaux essentiels au cours des mois à venir.

 

Fer de lance d'un effort de recherche-développement mondial sur la COVID-19 avec le réseau Eureka

Le CNRC orchestre la participation du Canada au réseau EUREKA et dispense des conseils aux petites et moyennes entreprises canadiennes admissibles, tout en leur donnant accès aux réseaux et au financement dont elles ont besoin par le truchement du PARI CNRC.

Quand la COVID-19 a été déclarée « pandémie mondiale », le 11 mars 2020, l'équipe EUREKA du Bureau international de l'innovation, au CNRC, a vite compris que les membres du réseau EUREKA auraient intérêt à unir leurs forces et à œuvrer main dans la main pour trouver comment combattre le fléau.

Grâce aux liens étroits qu'entretiennent les partenaires de ce réseau international, il aura fallu moins de trois semaines à l'équipe EUREKA du CNRC pour mobiliser 12 pays participants et les amener à répondre à 2 appels de propositions ayant pour but le développement de projets d'innovation conjoints dans le cadre desquels des petites entreprises, des chercheurs et des innovateurs collaboreraient pour trouver une solution aux nouveaux problèmes soulevés par la pandémie et y remédier rapidement. Confrontée à la réalité des rencontres virtuelles, sous notre leadership, l'équipe EUREKA a monté un site Web de courtage qui devait faciliter la création de partenariats à distance.

Le premier appel de propositions, « Solutions pour une résurgence du COVID-19 – La vie sans vaccin », a été lancé le 15 avril 2020 et devait alimenter la recherche, le développement et l'innovation en quête de solutions à court et à moyen terme qui mettraient la population à l'abri du nouveau coronavirus en attendant la mise au point d'un vaccin. L'Autriche, le Danemark, la France, les Pays‑Bas, l'Espagne, la Turquie et l'Afrique du Sud comptent parmi les pays qui ont rallié cette initiative mondiale de recherche-développement pilotée par le Canada.

Le deuxième appel, qui avait pour thème « Solutions pour l'après-COVID-19 – préparation à la prochaine pandémie humaine à fort impact », a été dévoilé le mois suivant. Y ont participé la Belgique, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays‑Bas, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Suède et la Turquie.

L'enjeu inattendu de la COVID-19 a incité plusieurs importants acteurs fédéraux à se regrouper dans le cadre de programmes d'innovation conjoints, un peu partout autour du globe. Ainsi en a-t-il été de divers ministères et programmes du gouvernement canadien, dont le Programme canadien de l'innovation à l'international d'Affaires mondiales Canada, qui a injecté une somme exceptionnelle dans le premier appel de propositions. Lors du deuxième appel, le CNRC a encouragé les centres de recherche pertinents à seconder les petites et moyennes entreprises canadiennes. Enfin, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie a contribué à mousser l'initiative grâce aux relations qu'il entretient avec les universités.

L'initiative n'est pas passée inaperçue. En effet, différents intervenants (entreprises, chercheurs, universités, innovateurs) ont manifesté leur souhait de participer à l'effort collectif de lutte contre la pandémie en soumettant des projets. En tout, 18 projets de collaboration incluant des partenaires canadiens ont ainsi été présentés. Ces projets de recherche-développement d'une grande diversité proposaient soit une solution à court terme aux problèmes découlant de la COVID-19, soit des manières de se préparer à la vie subséquente ainsi qu'aux pandémies qui pourraient suivre et avoir des répercussions majeures. Les projets retenus devraient être dévoilés dans un avenir rapproché.