Sur cette page
- Des traitements prometteurs passent à l'étape des essais cliniques
- Stimuler les capacités de biofabrication pour la production de cellules CAR-T
- Histoires de réussite
- D'autres jalons franchis dans le traitement du cancer
- Une plateforme exhaustive pour la recherche sur la santé cérébrale et mentale
- Un logiciel de biodétection à distance pour une meilleure télésanté
- De nouveaux partenariats pour améliorer la préparation aux pandémies
- Financement conjoint avec le Royaume-Uni pour la fabrication de thérapeutiques et la mise au point de produits
- Une plateforme portative pour détecter les agents pathogènes alimentaires dans les collectivités éloignées
- Une approche numérique pour l'examen de l'insuffisance cardiaque
- Un soutien à la prochaine génération de thérapies par anticorps
Améliorer la santé de la population canadienne par la recherche et l'innovation
L'un des secteurs les plus importants de notre travail consiste à faire progresser des technologies qui pourraient améliorer la santé des gens et sauver des vies. Nous avons poursuivi de nombreux projets de ce type en 2024-2025 pour soutenir la mise au point de nouvelles thérapies cellulaires et géniques vitales, de procédés de biofabrication nationaux plus robustes, et bien plus encore.
Des traitements prometteurs passent à l'étape des essais cliniques
Deux nouveaux traitements développés conjointement par les spécialistes du Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine sont passés à l'étape des essais cliniques en 2024-2025 : un vaccin contre Haemophilus influenzae de type A (Hia) et une nouvelle thérapie par lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique (thérapie CAR-T).
Le vaccin contre Hia, dont le développement a commencé en 2012 dans le cadre d'un effort conjoint du CNRC et de l'Agence de la santé publique du Canada, est passé à l'étape des essais cliniques en 2024-2025, en collaboration avec l'Université Dalhousie et l'Université McGill et avec le soutien de notre titulaire de licence, InventVacc Inc. Hia est une infection bactérienne qui peut entraîner une pneumonie, une méningite mortelle, de l'arthrite septique ou des infections sanguines. Cette étape clé de nos travaux nous rapproche de la mise au point d'un nouveau vaccin pour protéger les personnes du Canada et du reste du monde contre cette dangereuse infection.
L'autre thérapie qui est passée à l'étape des essais cliniques en 2024-2025 est la première thérapie CAR-T entièrement fabriquée au Canada. Elle modifie un type précis de globule blanc, les lymphocytes T, qui peuvent alors cibler et détruire les cellules cancéreuses présentes dans le corps humain. Infusés du gène CAR, les lymphocytes T peuvent reconnaître une protéine particulière présente à la surface des cellules cancéreuses et tuer ces dernières en épargnant les cellules saines. La nature hautement ciblée de cette thérapie en augmente beaucoup l'efficacité pour des cancers difficiles à traiter. Des patients du monde entier ont déjà profité des avantages de thérapies CAR-T ciblant la protéine CD19 sur les cellules leucémiques et les lymphomes.
Soutenu par notre programme Défi « Thérapies cellulaires et géniques », le développement de cette thérapie est le fruit d'une collaboration avec le programme CLIC (Canadian-led Immunotherapies in Cancer), fondé par des chercheurs de l'Hôpital d'Ottawa, de BC Cancer et de BioCanRx, et il est financé par le Programme de collaboration en science, en technologie et en innovation (PCSTI) du CNRC. La principale contribution du CNRC à cette thérapie CAR-T a été la découverte d'un nanocorps pour cibler la protéine CD22 sur les cellules leucémiques et les lymphomes, ainsi qu'un soutien pour la sélection du nanocorps principal.
Grâce à une subvention subséquente octroyée à la suite d'un concours national des Instituts de recherche en santé du Canada, les essais cliniques ont débuté à de multiples sites au Canada, axés sur la leucémie lymphoblastique chez les enfants et les jeunes adultes. L'équipe a également obtenu un financement du PCSTI, de Cancer de l'ovaire Canada et de BioCanRx pour des essais cliniques de phase I menés en collaboration avec BC Cancer pour une autre nouvelle thérapie CAR-T de construction génique ciblant le cancer de l'ovaire et d'autres tumeurs solides. Si les essais précliniques et cliniques sont réussis, ces thérapies pourraient mener à la mise au point de traitements de fabrication entièrement canadienne qui sont extrêmement bénéfiques pour les personnes atteintes de cancer au Canada et ailleurs dans le monde.
« Je suis très fier de notre percée majeure dans le développement de ces produits CAR-T au Canada. Depuis mes débuts dans le domaine de la modification des anticorps, je rêve de mettre au point un produit thérapeutique pour les patients atteints de cancer ou d'autres maladies et améliorer leur qualité de vie. Mon espoir est que ces thérapies CAR-T et d'autres produits à base d'anticorps soient prêts, avant mon départ à la retraite, pour le traitement de cancers à tumeur solide et non solide chez les patients au Canada et ailleurs dans le monde. »
« C'est très motivant de travailler sur des projets aussi novateurs que les nouvelles thérapies CAR-T, qui constituent des solutions qui changent littéralement la vie des patients souffrant d'une récidive ou d'un cancer réfractaire. De concert avec ses collègues du CNRC, l'équipe de BC Cancer est ravie de voir sa thérapie CAR-T ciblant les CD22 à l'étape des essais cliniques. Nous sommes très optimistes et croyons sincèrement que cette thérapie ouvrira la voie à d'autres traitements de fabrication canadienne, disponibles et accessibles pour les patients du Canada. »
Stimuler les capacités de biofabrication pour la production de cellules CAR-T
Les thérapies cellulaires et géniques comme la thérapie CAR-T sont extrêmement prometteuses pour le traitement du cancer et d'autres maladies. Mais les thérapies CAR-T existantes approuvées sont fabriquées à l'extérieur du Canada, ce qui en augmente le prix et entraîne de longs délais en matière d'accessibilité — des délais que les patients atteints de cancer ne peuvent se permettre. C'est pourquoi nous devons accroître la capacité de biofabrication des hôpitaux canadiens, dont plusieurs n'ont pas d'installations sur place pour produire les vecteurs et les cellules utilisés dans la thérapie CAR-T.
Notre programme Défi « Thérapies cellulaires et géniques » a fait des progrès dans ce domaine en 2024-2025 en appuyant des investissements dans des projets collaboratifs qui visent à rendre les thérapies cellulaires et géniques plus accessibles et plus abordables ainsi qu'en contribuant à un réseau de centres qui ont sur place la capacité de produire des cellules CAR-T. En facilitant la fabrication, en soutenant les essais multisites et en participant à la conception et au développement de produits, ce réseau aidera à réduire les coûts et à rendre ces thérapies vitales accessibles à un plus grand nombre de personnes, au Canada et à l'étranger.
D'autres jalons franchis dans le traitement du cancer
Les efforts du Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine pour trouver et faire progresser les traitements contre le cancer lui ont permis de franchir d'autres étapes importantes en 2024-2025. Le vecteur lentiviral produit par le CNRC aidera à faire progresser la recherche sur le cancer dans le monde entier. Ce nouveau vecteur servira de matériel de référence pour évaluer l'efficacité des nouvelles immunothérapies contre le cancer. Six mille fioles de ce matériel de référence ont été préparées, prêtes à être distribuées à des laboratoires de partout au Canada et dans le monde, ce qui permettra de s'assurer que les qualités et quantités déclarées se comparent à celles obtenues dans le cadre d'autres études utilisant le même vecteur.
De plus, en novembre 2024, la Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé le médicament contre le cancer ZiiheraMD. Utilisée pour le traitement des cancers du canal cholédoque et de la vésicule biliaire, cette thérapie a été mise au point par l'entreprise de biothérapie Zymeworks, avec le soutien du CNRC. Cette approbation fait suite à des années de recherche-développement durant lesquelles nous avons fourni l'expertise sur les produits biologiques et les ressources de laboratoire qui ont aidé Zymeworks à sélectionner et à valider le candidat principal et à établir des partenariats stratégiques avec des sociétés pharmaceutiques multinationales.
Une plateforme exhaustive pour la recherche sur la santé cérébrale et mentale
Développée par le Centre de recherche sur les dispositifs médicaux, la plateforme de soins cognitivo-comportementaux à réalité virtuelle bWell évolue et se transforme en un outil permettant d'étudier la santé cérébrale et mentale. En utilisant l'IA pour combiner et analyser les évaluations cognitives, la surveillance numérique des signes vitaux et l'analyse des données biologiques, bWell 2.0 brosse un tableau détaillé de la santé d'une personne, ce qui devrait aider les scientifiques à mieux comprendre les liens entre le comportement, la pensée et la biologie.
En 2025, l'équipe de bWell a poursuivi le développement de la plateforme avec l'ajout de nouvelles fonctionnalités permettant de détecter les émotions (par l'analyse des muscles faciaux et de la fréquence cardiaque) et d'analyser des échantillons de salive. Nous avons également lancé un nouveau projet industriel avec une entreprise de Montréal souhaitant utiliser bWell pour la gestion du stress et du sommeil. La nouvelle version de bWell offre même des applications utilisables à l'extérieur des cliniques médicales, par exemple pour l'entraînement des athlètes de haute performance.
Un logiciel de biodétection à distance pour une meilleure télésanté
Développé par le Centre de recherche sur les dispositifs médicaux, le logiciel VitalSeer permet de mesurer la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la saturation en oxygène à l'aide d'une caméra installée sur un ordinateur ou un appareil mobile. Cet outil de biodétection à distance, qui s'appuie sur des essais scientifiques rigoureux, pourrait éviter aux patients les visites à l'urgence en leur permettant de surveiller leurs signes vitaux à la maison et de fournir des données fiables aux fournisseurs de santé durant des consultations téléphoniques ou virtuelles.
L'équipe a maintenant comme objectif de mettre à l'essai et de valider VitalSeer afin d'assurer un rendement d'ordre médical ainsi que d'étudier les possibilités de surveillance continue en vue d'évaluer d'autres marqueurs, comme l'équilibre et la stabilité, pour soutenir davantage le bien-être des personnes âgées qui souhaitent vieillir à domicile.
De nouveaux partenariats pour améliorer la préparation aux pandémies
En 2024-2025, l'expertise du CNRC dans les domaines du dépistage rapide, du développement de bioprocédés et de l'analytique a été mise de l'avant dans le cadre de plusieurs propositions retenues par le Fonds de recherche biomédicale du Canada pour l'avancement de stratégies et de technologies visant à soutenir la réponse à de futures pandémies. Dans le cadre des projets financés, nous explorerons des plateformes de diagnostic rapide et de surveillance pour les menaces infectieuses, la fabrication rapide et adaptable de vaccins et de thérapeutiques, et la mise au point de thérapeutiques et de composants de vaccins soutenue par l'IA, en plus de lancer d'autres initiatives dans de multiples centres de recherche du CNRC.
Ces projets renforceront la défense du Canada contre les nouveaux virus tout en accélérant l'innovation dans le secteur des sciences de la vie. De plus, notre installation de matériel pour essais cliniques s'est jointe à un réseau d'autres installations conformes aux bonnes pratiques de fabrication. Elle forme ainsi des partenariats qui nous aideront à comprendre et à combler les lacunes de l'écosystème canadien de la biofabrication.
Financement conjoint avec le Royaume-Uni pour la fabrication de thérapeutiques et la mise au point de produits
Relever les défis mondiaux dans des secteurs cruciaux comme la biofabrication et la préparation aux pandémies constitue l'objectif central de la coopération en matière de biofabrication entre le Canada et le Royaume-Uni, une initiative qui réunit le CNRC et UK Research and Innovation. Depuis la signature du protocole de coopération en juin 2023, 2 appels de propositions conjoints ont été lancés.
Dans le cadre de ces appels de propositions, le Canada et le Royaume-Uni ont octroyé un financement conjoint à 5 projets lors du premier appel et à 9 autres projets au début de 2025-2026. Chaque projet a été soumis par un consortium regroupant des PME des 2 pays et des organisations de recherche, dont des laboratoires du CNRC dans certains cas.
Les projets financés porteront, entre autres, sur le développement d'une plateforme fondée sur l'IA pour accélérer et améliorer la découverte de médicaments, et sur la conception d'appareils de biofabrication automatisés pour une production plus efficace et moins coûteuse de conjuguées anticorps-médicaments. Ces travaux permettront d'accroître la capacité du Canada à répondre aux futurs défis de santé publique et à maintenir sa place à l'avant-garde de l'innovation en biofabrication.
Une plateforme portative pour détecter les agents pathogènes alimentaires dans les collectivités éloignées
Une équipe de chercheurs utilise la plateforme PowerBlade du CNRC pour aider des communautés autochtones du Nord du Canada à lutter contre la menace grandissante de contamination des aliments par des agents pathogènes créée par les changements climatiques et les activités industrielles. Mise au point par le Centre de recherche sur les dispositifs médicaux, PowerBlade est une centrifugeuse portative qui utilise une technologie de laboratoire sur puce pour détecter rapidement des agents pathogènes comme E. coli, Salmonella et Listeria. Elle offre une solution pouvant être utilisée au point de service, en remplacement des méthodes traditionnelles d'évaluation de la sécurité des aliments souvent lentes et peu pratiques en régions éloignées.
Ce projet est le fruit d'une collaboration avec Santé Canada, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, et Manitoba Keewatinowi Okimakanak, un organisme qui représente 26 Premières Nations du Nord du Manitoba. En travaillant directement avec les communautés des Premières Nations, l'équipe élaborera conjointement des programmes de formation et de soutien afin d'améliorer la plateforme et de mieux répondre aux besoins particuliers de ces communautés.
Une approche numérique pour l'examen de l'insuffisance cardiaque
Chaque année, plus de 100 000 personnes reçoivent au Canada un diagnostic d'insuffisance cardiaque congestive, d'où la nécessité de mettre au point des méthodes de dépistage plus rapides et plus efficaces. Nos spécialistes du Centre de recherche sur les dispositifs médicaux travaillent en collaboration avec HOP Tech, une entreprise du Québec, pour explorer les approches numériques qui permettraient de déceler les signes d'insuffisance cardiaque chez les patients.
La méthode étudiée combine des algorithmes d'apprentissage automatique et des biomarqueurs obtenus à l'aide de dispositifs portables et d'applications cellulaires. Les travaux pourraient mener à une solution plus rapide et plus accessible pour cerner les signes d'insuffisance cardiaque que les analyses sanguines, les questionnaires et les examens physiques.
Un soutien à la prochaine génération de thérapies par anticorps
Avec le soutien du PARI CNRC et le recours à l'expertise du Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine pour le développement d'anticorps bispécifiques, Reverb Therapeutics, une entreprise de biotechnologie en démarrage de Vancouver, a poursuivi le développement d'une plateforme à base d'anticorps appelée Amplify•RMC. Cette plateforme peut rediriger les cytokines produites naturellement (petites protéines qui déclenchent le système immunitaire) afin de cibler des tissus précis, comme des tumeurs cancéreuses.
Reverb Therapeutics a réuni 12 millions de dollars de fonds d'amorçage pour poursuivre le développement et l'étude clinique de cette plateforme prometteuse, qui pourrait un jour sauver des vies au Canada et ailleurs dans le monde.