La thérapie CAR-T contre les cancers à tumeurs solides

- Ottawa, Ontario

L'histoire d'une patiente partenaire et survivante du cancer qui redonne aux autres

Un chercheur pipette des échantillons à une paillasse.
Des chercheurs du CNRC et de BC Cancer mettent au point de nouvelles thérapies CAR-T pour traiter les cancers à tumeurs solides.

Les thérapies par lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique (thérapies CAR-T) ont révolutionné le traitement des cancers du sang. Aujourd'hui, les scientifiques de notre Centre de recherche en thérapeutique humaine collaborent avec BC Cancer (en anglais seulement) afin d'appliquer cette approche aux tumeurs solides comme les cancers de l'ovaire et du pancréas.

Avec le soutien de notre programme Défi « Technologies de rupture au service des thérapies cellulaires et géniques », les scientifiques conçoivent et testent avec soin de nouvelles thérapies CAR-T ciblées contre les cancers à tumeurs solides. C'est un travail minutieux en laboratoire qui nécessite de longues heures, des mois, des années, voire plus, pour trouver une thérapie expérimentale prometteuse et compiler les données complètes nécessaires à l'obtention de l'autorisation réglementaire pour commencer les essais cliniques sur l'humain. Mais tout au long de cette longue période, nos scientifiques ne perdent pas de vue les avantages à long terme de leur travail quotidien.

Au début de cette R-D, les membres de la patientèle jouent un rôle essentiel dans le travail des scientifiques en mettant à profit leurs antécédents, leurs perspectives et leurs priorités pour aider à orienter les questions de recherche, les choix de conception et les mesures des résultats. Leur participation garantit que les travaux scientifiques continuent de répondre aux besoins réels des patients et patientes, renforce la pertinence et les retombées des résultats de la recherche, tout en favorisant la confiance et la transparence entre les scientifiques et ces partenaires.

Originaire de Vancouver, en Colombie-Britannique, Erin Barrett est une survivante du cancer de l'ovaire. En tant que patiente partenaire, elle joue un rôle crucial dans nos efforts pour mettre au point une thérapie CAR-T sure et efficace contre le cancer de l'ovaire, de l'endomètre et du pancréas en partageant ses expériences et ses connaissances. Ses contributions aident les scientifiques du CNRC et de BC Cancer à faire progresser les thérapies CAR-T qui ciblent les tumeurs solides, ainsi qu'à les rendre plus accessibles à la population du pays.

Erin Barrett se raconte

Une femme souriant en tenant sa jeune fille.
Erin Barrett, survivante d'un cancer de l'ovaire et partenaire patiente de Vancouver (Colombie-Britannique), contribue à orienter les recherches du CNRC et de BC Cancer sur les thérapies à cellules CAR T pour les tumeurs solides.

En ma qualité de patiente partenaire du CNRC et de BC Cancer, je peux redonner à la communauté qui m'a sauvé la vie.

J'ai reçu mon premier diagnostic de cancer de l'ovaire en 2015, alors que j'étais enceinte de mon deuxième enfant. J'ai été malade tout au long de ma grossesse, et les médecins ont eu du mal à en déterminer la cause. À 36 semaines de grossesse, j'ai été admise à l'hôpital pour trouver la source de ma douleur et de ma maladie.

Une semaine plus tard, lors d'une opération d'urgence, l'équipe médicale a mis au monde ma fille, un bébé en bonne santé pesant 3 kg en plus de prélever une tumeur ovarienne du même poids.

Ce qui a suivi a été des mois de chimiothérapie, de radiothérapie et d'opérations chirurgicales exténuantes, tout cela avec un enfant en bas âge et un nouveau-né à la maison. Heureusement, mon mari m'a soutenue tout au long de cette épreuve.

Malgré tout ce que j'ai vécu (les traitements, le fait d'avoir manqué les 6 premiers mois de la vie de ma fille, la perte de ma fertilité, une hystérectomie totale à 36 ans et une ménopause induite par mes traitements médicaux), je savais que j'avais tout de même de la chance. J'ai pu voir ma fille entrer en maternelle avec assurance 5 ans après mon diagnostic initial, et nous avons récemment célébré son 10e anniversaire et le 10e anniversaire de mon diagnostic.

Toutefois, ce n'est pas tout le monde qui a cette chance. Les options pour les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire sont, à leur grande frustration, malheureusement limitées. Le type de chimiothérapie que j'ai reçu est le traitement couramment utilisé depuis des décennies, traitement qui a connu peu d'améliorations ou de progrès.

Somme toute, le cancer de l'ovaire reste le cancer féminin le plus mortel, avec une survivabilité de 5 ans de seulement 45 %, et cette statistique doit changer.

Mon engagement envers mes « teal sisters » (une expression que nous, les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire, utilisons affectueusement pour nous désigner les unes les autres) était de défendre celles qui n'avaient pas eu autant de chance que moi et d'agir en leur nom.

Je ne prends pas à la légère l'occasion qui m'est offerte d'apporter mon soutien ou mon point de vue sur l'expérience des patientes aux scientifiques. Je ne suis pas une scientifique. Je ne peux pas changer les options de traitement disponibles ni donner de l'espoir aux familles qui luttent contre cette maladie. Je peux toutefois partager mon histoire et espérer inspirer les scientifiques remarquables qui travaillent sans relâche pour nous.

Le cancer de l'ovaire a longtemps été l'un des cancers les plus difficiles à étudier, mais cela est en train de changer. Aujourd'hui, les esprits les plus brillants se mobilisent pour relever le défi. Ici même, au Canada, des scientifiques mènent des projets audacieux et novateurs, notamment en utilisant pour la toute première fois des cellules CAR-T pour cibler les tumeurs ovariennes.

Il s'agit d'une science qui change la vie. Et cela se passe chez nous. C'est une recherche révolutionnaire qui pourrait changer l'expérience du cancer de l'ovaire pour les « teal sisters » du monde entier.

C'est pourquoi je redonne et je m'associe à des scientifiques, parce que je sais à quel point l'enjeu est important. Et je crois en un avenir où le 45 % ne sera plus le meilleur résultat que nous pouvons obtenir.

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