Résumé technique des conclusions du rapport
Comment les données de conception climatique pour les bâtiments et les infrastructures ont été déterminées
Les conditions climatiques futures dépendent, pour la plupart, des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine. Pour étudier l'effet des émissions de GES sur les paramètres de conception climatique pour cette évaluation, ECCC a utilisé les résultats et des rapports de modèles nationaux et internationaux réputés sur les changements climatiques ainsi qu'une modélisation régionale ciblée des paramètres de conception climatiques particuliers du Code national du bâtiment du Canada et du Code canadien sur le calcul des ponts routiers, pour plus de 660 emplacements. ECCC a examiné divers scénarios d'émissions et niveaux de réchauffement de la planète, allant d'un scénario de faibles émissions à peu près compatible avec l'Accord de Paris à un scénario pessimiste de fortes émissions de GES. ECCC a ensuite regroupé l'information sur les changements dans chaque paramètre de conception climatique en niveaux de probabilité, allant de « exceptionnellement improbable » à « quasiment certain », selon la confiance évaluée dans les projections futures.
Les conclusions du rapport montrent que la température moyenne au Canada devrait continuer d'augmenter à un rythme qui se situe à près du double du taux moyen mondial, quel que soit le scénario des émissions. Dans un scénario de faibles émissions, la température moyenne annuelle au Canada augmentera de 1,8 °C d'ici le milieu du siècle par rapport à la période de référence. Dans un scénario d'émissions élevées, où les réductions d'émissions sont limitées, la température moyenne annuelle du Canada augmenterait de plus de 6 °C d'ici la fin du XXIe siècle.
Ces changements de température au Canada s'accompagnent de changements régionaux des précipitations, du vent, de la neige, de la glace et des conditions météorologiques extrêmes qui auront des répercussions importantes sur les infrastructures existantes. Les constatations détaillées dans chacun de ces domaines, ainsi que les répercussions possibles, ont été évaluées par le CNRC dans le cadre de l'initiative IRCCIPB, et comprennent :
Température
Le climat du Canada s'est réchauffé et continuera de le faire environ deux fois plus vite que la planète, peu importe le scénario d'émissions utilisé, et encore plus dans le Nord. Une hausse de la température mondiale de 3,5 degrés se traduit par des changements allant jusqu'à 8 degrés dans le Nord canadien, et en moyenne de 4 à 6 degrés dans l'ensemble du Canada. Les répercussions se font déjà sentir, car nous subissons une élévation du niveau de la mer, des changements du pergélisol et une augmentation des vagues de chaleur, des feux de forêt et des inondations.
Cela signifie également que les températures extrêmement chaudes sont devenues plus chaudes, tandis que les températures extrêmement froides sont devenues moins froides. La température extrême de conception de juillet augmentera de plus de 4 °C en moyenne dans l'ensemble du Canada, la plus forte augmentation de 6,6 °C ayant été enregistrée à certains endroits dans le Nord et en Colombie-Britannique. Cela a une incidence sur les températures moyennes annuelles et saisonnières partout au Canada, le plus grand réchauffement se produisant en hiver. Cela signifie une saison de croissance plus longue, des hivers plus chauds et des étés plus chauds. Cela entraînera donc plus de climatisation pour faire face aux vagues de chaleur, plus de travail pour contrôler l'humidité et moins d'énergie nécessaire pour chauffer nos maisons et nos environnements intérieurs en hiver. Tous ces changements ont une incidence sur la conception et la remise en état des bâtiments et des infrastructures.
Précipitations
Le degré de confiance est moyen quant au fait que les précipitations moyennes annuelles aient augmenté au Canada, et les augmentations en pourcentage sont plus importantes dans le Nord du pays. Les précipitations annuelles et hivernales devraient augmenter partout au Canada au cours du XXIe siècle, et les variations en pourcentage seront plus importantes dans le Nord du pays. Les précipitations estivales devraient diminuer dans le Sud du Canada. Le passage des phases de précipitations de la neige à la pluie avec réchauffement entraînera des augmentations relatives plus importantes de la pluie dans l'ensemble du Canada. L'augmentation des précipitations signifie plus de problèmes liés à l'humidité et de moisissures dans les collectivités autochtones et du Nord du Canada, et moins de pluie dans les zones sujettes aux incendies de forêt en été.
Bien que le Canada ne dispose pas de preuves de changements historiques dans les précipitations extrêmes, on a un degré de confiance élevé que les précipitations extrêmes quotidiennes augmenteront avec le réchauffement futur. Les pluies extrêmes se traduisent par plus d'inondations, plus de problèmes d'humidité et de moisissures, et des dommages plus importants aux bâtiments et à l'infrastructure du Canada, comme les routes, les ponts, les barrages, les réseaux d'égouts sanitaires et d'eaux pluviales, et une menace accrue à la sécurité humaine.
Pression du vent
Bien que les lacunes dans la climatologie rendent difficile la prévision future des charges dues au vent, on pense que les changements futurs des charges dues au vent au Canada sont relativement faibles et incertains. Cependant, les changements prévus peuvent tout de même avoir un effet considérable sur la conception, dépendamment de l'emplacement. Dans les simulations utilisées à l'appui du rapport, la charge due au vent à Toronto, par exemple, devrait augmenter de plus de 13 %. ll sera essentiel de comprendre ces changements pour la conception et la modernisation futures des gratte-ciel et d'autres bâtiments.
Neige et glace
La saison de couverture neigeuse a diminué dans la majeure partie du Canada de 5 à 10 % par décennie depuis 1981, en raison de l'arrivée tardive de la neige et de la fonte printanière plus hâtive. Il est très probable que la durée de la couverture neigeuse continuera de diminuer en raison de l'augmentation de la température de l'air de surface dans tous les scénarios d'émissions. On prévoit une réduction de 5 à 10 % par décennie de l'accumulation saisonnière de neige dans une bonne partie du Sud du Canada. Dans le Nord, les changements seront moins importants parce que l'augmentation des précipitations hivernales devrait compenser une période plus courte d'accumulation de neige.
L'accumulation de glace, ou charge d'accumulation de glace, devrait augmenter à plusieurs endroits, particulièrement à des latitudes supérieures à 50° N, avec des variations pouvant atteindre 80 % à certains endroits. Cette augmentation de la charge a des répercussions importantes sur la conception des ponts.
Cependant, la température du pergélisol devrait augmenter, et il est quasiment certain que les hausses prévues de la température de l'air sur les terres entraîneront un réchauffement et un dégel continus du pergélisol dans de vastes régions d'ici le milieu du siècle; cela aura des répercussions sur les infrastructures du Nord et sur le rôle des écosystèmes terrestres du Nord dans le cycle du carbone.