Quand les savoirs autochtones rencontrent la science : le parcours inspirant d'Anguti Lundrigan, de Tuktoyaktuk au microscope électronique

- Edmonton, Alberta

Anguti Lundrigan utilise un microscope électronique à balayage pour étudier une dent d'ours polaire.

Les échantillons de dents et de fourrure peuvent fournir des informations précieuses sur le régime alimentaire, l'âge, l'exposition aux contaminants et l'histoire reproductive d'un animal.

En 2025, Anguti Lundrigan, un étudiant inuit en génie chimique à l'Université de l'Alberta, a collaboré avec le CNRC dans le cadre du programme I-STEAM Pathways de l'Université de l'Alberta (en anglais seulement). Ce programme s'appuie sur une méthode d'apprentissage par l'expérience pour explorer la recherche environnementale sous l'angle des connaissances et des vécus autochtones.

Au sein de ce programme, Anguti a mis à profit ses connaissances culturelles et ses compétences en génie en prenant part à une expérience pratique unique au CNRC. En collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada, Anguti et sa superviseure, Jennifer Bruce, ont étudié des échantillons de dents et de fourrure de l'ours polaire. À l'aide de microscopes électroniques à balayage, Anguti et Jennifer ont examiné ces échantillons à l'échelle nanométrique afin de mieux comprendre les conditions écologiques importantes pour les ours polaires.

« On m'a enseigné des techniques pour appliquer un revêtement conducteur sur les échantillons et déterminer l'âge de ces ours », explique Anguti. « L'objectif était d'essayer de voir si des marqueurs biologiques pouvaient être identifiés à l'aide de ces techniques », ajoute-t-il.

L'expérience d'Anguti au sein du programme I-STEAM Pathways a été révélatrice, le convainquant de la compatibilité entre le monde universitaire et l'identité autochtone. Ce modèle d'apprentissage interdisciplinaire a permis à Anguti d'acquérir de l'expérience dans un environnement de recherche, et la valorisation des savoirs autochtones lui a fait comprendre que cette expérience pouvait s'intégrer de façon étroite à son identité culturelle.

Anguti Lundrigan a remarqué qu'un crâne d'ours polaire exposé avait été capturé par un ancien de Tuktoyaktuk, la communauté d'origine de son père.

C'est lors de sa première visite au laboratoire d'étude des ours polaires du CNRC qu'Anguti a le mieux pris conscience de ce lien.

« J'ai remarqué qu'un des crânes exposés provenait de Tuktoyaktuk, la communauté natale de mon père. Il était non seulement inscrit le lieu et l'année où il avait été trouvé, mais également le nom du chasseur qui l'avait capturé. L'ours avait été capturé par un aîné que mon père connaissait et qu'il admirait lorsqu'il était enfant. Pour moi, la boucle était bouclée. Cela m'a rappelé mon chez-moi. »

Découvrir que son identité autochtone et son ambition de devenir ingénieur pouvaient se recouper a marqué un tournant pour Anguti. Son expérience au sein du programme I-STEAM l'a inspiré à intégrer son héritage culturel à sa pratique du génie.

« Je veux devenir quelqu'un qui sera une source d'inspiration pour les enfants de ma communauté natale. »

L'impact du programme I-STEAM Pathways sur le parcours d'apprentissage d'Anguti était également évident pour son entourage. Jennifer se souvient qu'Anguti était impatient de participer à ce qui se passait autour de lui. Il a fait part non seulement d'idées brillantes, mais a également raconté des anecdotes sur les rencontres que les membres de sa famille ont faites avec des ours polaires dans le Grand Nord.

« C'est toujours passionnant de travailler avec quelqu'un qui débute sa carrière, et le fait de pouvoir initier un étudiant à de nouveaux instruments et projets a ravivé mon propre enthousiasme pour le travail que nous accomplissons », dit-elle. « C'était inspirant de voir l'enthousiasme d'Anguti pour ce travail et le lien autochtone avec le projet. »

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