Guerre à l’usure

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- Edmonton, Alberta

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Le laboratoire de métallurgie de Black Cat, totalement équipé pour effectuer des essais, analyser les défaillances et poursuivre des travaux de recherche-développement.

Le Canada est vaste et son climat, capricieux. Pour construire une route puis l’entretenir, il faut creuser, pousser, déblayer la terre. Ce n’est un secret pour personne : les machines employées pour le terrassement comme les niveleuses, les excavatrices, les charrues et les chargeuses se sont considérablement perfectionnées au fil des ans, nous laissant moins à la merci de dame Nature. Cependant, même les engins les plus robustes, capables d’affronter les blizzards les plus féroces ou de soulever les charges les plus lourdes, n’échappent pas à l’usure.

Pour le matériel de terrassement, l’usure reste l’ennemi numéro un. Qu’il s’agisse d’ouvrir une mine, de bâtir une route ou d’en prendre soin, l’usure réduit considérablement l’utilité de l’équipement, ce qui nécessitera des réparations, freinera le travail et engendrera des frais importants, consécutivement au remplacement fréquent des pièces abîmées.

Consciente du problème, une entreprise d’Edmonton s’est donné pour mission de rehausser la qualité, l’efficacité et la longévité des pièces sujettes à l’usure pour l’industrie qui se spécialise dans le déplacement des lourdes charges. Avec le soutien du Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI CNRC), l’entreprise Black Cat Wear Parts Ltd. (en anglais seulement) s’est lancée dans la fabrication de revêtements uniques, révolutionnaires, qui mettront les machines de terrassement à l’abri de l’usure.

Innover pour demeurer concurrentiel

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L’unité de métallisation au plasma d’arc transféré (PTA) employée pour le rechargement anti-usure et son bras robotisé.

Black Cat Wear Parts voit le jour en 1968. L’entreprise n’est alors que la « division des lames » d’Union Tractor Ltd., importante société de pièces et de réparation qui dessert le marché albertain de la machinerie lourde. En 1993, Black Cat grandit en ouvrant une usine de fabrication à Selkirk, au Manitoba, avant de prendre plus d’expansion en inaugurant une deuxième, trois ans plus tard. En 2004, l’entreprise élargit sa gamme de produits avec l’addition des dents de godet. Enfin, en 2008, Black Cat inaugure une fabrique de lames en Chine afin de répondre aux besoins de sa clientèle internationale et de mieux se mesurer à la concurrence dans le domaine des pièces destinées aux engins de terrassement.

Devancer la concurrence n’est pas facile. À l’époque, Black Cat approvisionnait déjà des sociétés partout dans le monde. L’entreprise a vu, dans ce réseau de distributeurs aussi développé, l’occasion de mettre en marché de nouveaux revêtements adaptés aux besoins de ses clients. Elle a donc affecté une équipe entière à la recherche-développement d’un procédé inédit de rechargement anti-usure, susceptible de créer des revêtements peu coûteux et d’aider Black Cat à multiplier ses produits tout en enrichissant son savoir technique.

Pour réduire considérablement le coût et la quantité de la matière première, mais aussi rendre les pièces plus résistantes à l’usure, l’équipe a dû étudier et comparer trois procédés de recouvrement, en l’occurrence le soudage à l’arc sous gaz avec fil plein (GMAW), le soudage à l’arc sous flux en poudre (SAW) et la métallisation au plasma d’arc transféré (PTA). Le hic était que ces trois procédés exigeaient plus de fonds et de ressources que prévu, ce qui a forcé l’entreprise à se tourner vers le PARI CNRC.

Robert Roy et Rajeev Chadha, deux conseillers en technologie industrielle (CTI) du PARI CNRC, se sont épaulés pour examiner les projets de R‑D de Black Cat, puis ils ont analysé les possibilités d’expansion de l’entreprise et proposé le prototype d’un système de soudage commercial. Parallèlement, ils ont mis l’entreprise en contact avec le laboratoire d’Alberta Innovates pour qu’elle y effectue des essais ainsi qu’avec le Centre de recherche sur l’énergie, les mines et l’environnement du CNRC pour qu’elle bénéficie de ses conseils et évaluations.

« Nos CTI se sont avérés plus qu’utiles en aiguillant Black Cat pour vers des organisations de recherche locales et nationales pour qu’elle en tire des conseils », convient Rob Forgrave, vice-président de la gestion des produits de l’entreprise. « Robert nous a incités à nous concentrer sur les matériaux innovants, résistants à l’usure, pendant que Rajeev nous a aidés à alléger les coûts et à optimiser le procédé afin que la vie des pièces sujettes à l’usure s’en trouve prolongée. »

Au début de 2009, Black Cat Wear Parts amorçait son premier projet avec le PARI CNRC. « Le début d’une ère nouvelle » pour l’équipe, si l’on en croit le vice-président des finances David Holubitsky. Le PARI CNRC a permis à l’entreprise d’adopter de nouveaux procédés techniques tout en lui procurant des experts et des spécialistes dans le domaine.

« Au moment où la situation est devenue économiquement difficile, le PARI CNRC a fait beaucoup en aidant Black Cat à poursuivre ses travaux sur le rechargement anti-usure des pièces sujettes à la détérioration, poursuit David. Grâce à lui, notre entreprise a pu garder le cap et investir davantage dans la recherche-développement. »

Viser un plus large marché

Black Cat a passablement intensifié ses activités, car son chiffre d’affaires a doublé entre 2005 et 2015, l’entreprise prenant pied sur le marché américain et ouvrant des établissements en Chine. Avec près de 120 employés, son usine d’Edmonton fabrique le quart des produits que l’entreprise expédie partout dans le monde. Parmi ceux issus d’Edmonton, le revêtement mis au point par Black Cat a rapporté plus de dix millions de dollars. Depuis 2010, les entreprises de construction canadiennes garnissent leurs boîtes à outils de pièces qui s’usent moins vite grâce à un revêtement GMAW plus résistant et moins onéreux qui en prolonge la vie utile.

« Au moment où la situation est devenue économiquement difficile, le PARI CNRC a fait beaucoup en aidant Black Cat à poursuivre ses travaux sur le rechargement anti-usure des pièces soumises à la détérioration. Grâce à lui, notre entreprise a pu garder le cap et investir davantage dans la recherche et le développement. »

David Holubitsky, vice-président des finances et de l’administration, Black Cat Wear Parts
 

En 2015, Black Cat remportait le prix des Sociétés les mieux gérées au Canada qui récompense l’excellence chez les sociétés privées détenues par des Canadiens au chiffre d’affaires supérieur à quinze millions de dollars.

« Black Cat Wear Parts est une entreprise progressiste et sa vision est de croître en innovant sur le plan de la technologie », affirme Rajeev, le CTI attaché à l’entreprise. « Le PARI CNRC avait une formidable occasion de l’appuyer dans ses projets de R‑D et de l’aider à améliorer sa rentabilité afin qu’elle atteigne des résultats impressionnants. »

Rob Forgrave planifie l’avenir de Black Cat Wear Parts avec optimisme. Selon lui, l’entreprise ne cessera de croître, d’augmenter sa part de marché et de multiplier les débouchés pour ses revêtements à l’étranger.

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