Gardons nos amis à fourrure en bonne santé : Artemis Technologies Inc. s’associe au CNRC pour produire un vaccin-appât efficace contre la rage

 

- Guelph, Ontario

Artemis Technologies Inc.

L'expertise avec laquelle le CNRC optimise et met à l'échelle les méthodes de culture cellulaire explique en grande partie l'efficacité de sa collaboration avec Artemis Technologies Inc., entreprise de Guelph spécialisée dans la production de vaccins-appâts. De gauche à droite – à l'arrière : Johnny Montes, Elodie Burney, Ricardo Ochoa, Karen Roy, Chun Fang Shen; à l'avant : Danielle Jacob, Sonia Lamontagne, Daniel Desmarteaux, Stéphane Lanthier

Peu d'humains attrapent la rage au Canada, mais lorsque cela se produit, les conséquences peuvent être graves. Ailleurs dans le monde, la maladie continue d'entraîner chaque année des dizaines de milliers de morts, surtout en Asie et en Afrique. Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ 40 % des personnes qui se font mordre par un animal enragé sont des enfants de moins de 15 ans. Bien qu'il existe sur le marché divers vaccins pour prévenir la contagion par la rage chez les animaux sauvages, certains n'immunisent pas efficacement toutes les espèces à risque, comme la mouffette.

Comme son nom le laisse entendre, le Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine s'intéresse principalement à la santé de nos semblables. Or, la rage est une maladie qui, bien qu'elle touche surtout les animaux (ratons laveurs, mouffettes, coyotes, mangoustes, chauves-souris, renards et chiens), est susceptible d'être transmise à l'être humain. De plus, la technique de culture cellulaire employée pour fabriquer le vaccin destiné aux humains est essentiellement la même que celle servant à produire le vaccin pour animaux.

Vaccin

Le vaccin-appât ONRAB® est de la taille d'une pièce d'un dollar. Il est destiné à une gamme d'animaux sauvages comme la mouffette, le raton laveur et le coyote.

Depuis 2006, les chercheurs du CNRC collaborent avec l'entreprise Artemis Technologies Inc. (ATI), de Guelph, qui fabrique un vaccin-appât pour animaux sauvages baptisé ONRAB®. Il s'agit en l'essence d'un petit paquet de la taille d'une pièce d'un dollar canadien enrobé d'une mixture qui attire les animaux – un mélange de graisse végétale et de cire aromatisé de saveurs et parfums variés. À l'intérieur se trouve le vaccin proprement dit. En termes scientifiques, il s'agit d'un vecteur adénoviral qui véhicule le gène AdRG1.3 codant la glycoprotéine de la rage, synthétisé au moyen d'une culture de cellules de mammifère mise au point par le CNRC.

Une immunisation efficace des espèces à risque suppose impérativement une vaste dispersion du vaccin dans la nature. On y parvient en éparpillant celui-ci dans les forêts et d'autres régions sauvages par avion, à l'aide d'un véhicule tout-terrain ou à la main.

Mise à l'échelle

avion

Un avion déleste le vaccin ONRAB® au-dessus de forêts et d'autres habitats fauniques.

La création du vaccin a débuté par la modification d'un construit viral à l'Université McMaster. Ainsi est né l'AdRG1.3, virus recombinant qui exprime la glycoprotéine de la rage. Le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario a acheté le droit d'exploiter le virus synthétique à Microbix Biosystems, puis s'est associé avec ATI pour produire ONRAB®. Pour que son efficacité puisse être démontrée par des essais sur la faune en vue de son homologation, le vaccin devait être fabriqué à l'échelle commerciale. ATI avait besoin de conseils sur la manière d'industrialiser la culture cellulaire et d'aménager ses installations de fabrication pour obtenir la grande quantité de vaccin nécessaire aux essais, deux domaines dans lesquels excelle le CNRC.

De prime abord, produire plus de vaccins peut paraître assez simple. Il n'y a qu'à augmenter la quantité de chaque ingrédient, pas vrai? Malheureusement, ce n'est pas exactement le cas.

« La technologie joue un rôle clé dans le processus », affirme Alex Beath, président d'ATI. « Ce n'est pas comme préparer un chaudron de soupe… Il faut recourir à divers additifs de croissance, calculer la concentration précise des réactifs, et préparer des milieux de culture exclusifs au CNRC. Travailler avec le CNRC a été une expérience très enrichissante. Ses chercheurs ont fait preuve d'une grande souplesse et ont bien saisi ce que nous voulions. Ils nous ont procuré exactement le savoir-faire dont nous avions besoin. »

Maturation d'une technologie : passage à la production

ATI

Avec l'aide du CNRC, ATI fabrique désormais sous licence le vaccin ONRAB® par lots de 300 litres à ses installations de Guelph, en Ontario.

Depuis le début du partenariat, le CNRC a produit près de 50 000 litres du virus AdRG1.3, dont ATI s'est servi pour fabriquer au-delà de 27 millions de vaccins-appâts pour les campagnes de vaccination nord-américaines. Le CNRC a aussi enseigné au personnel de l'entreprise comment accroître sa production à l'interne. Depuis, les résultats des programmes de vaccination sur le terrain, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis, ont prouvé qu'ONRAB® figure parmi les vaccins-appâts les plus efficaces sur le marché. ATI vend son produit à un prix très concurrentiel, et grâce à l'expertise du CNRC dans l'optimisation des procédés de fabrication, le rendement du produit a augmenté, alors que les coûts ont diminué. Bref, tout le monde a récolté les fruits de ce dur labeur.

Le procédé industriel de culture cellulaire élaboré au CNRC a récemment été cédé avec succès à ATI, qui détient une licence l'autorisant à fabriquer le vaccin ONRAB® par lots de 300 litres à sa propre usine de Guelph, en Ontario.

Contrôle de la qualité

Quality control test being performed at the facility operated by Artemis Technologies Inc. (ATI)

« Notre entreprise est minuscule », avoue Alex Beath. « Nous n'avons que douze employés. Pourtant nous fabriquons annuellement plus de dix millions de doses du vaccin-appât. Sans l'aide du CNRC, jamais nous ne serions arrivés à en obtenir si vite une telle quantité. »

Chun Fang Shen, responsable du projet pour le CNRC dans le cadre du partenariat, abonde dans le même sens : « Nous avons prêté main-forte à Artemis, un client canadien, au tout début du développement d'un produit, et nous l'avons épaulé durant l'optimisation du procédé, sa mise à l'échelle, la fabrication du produit et son homologation. »

Ce serait intéressant de savoir si nos amis les animaux seront heureux des efforts déployés pour les maintenir en santé et faire en sorte qu'ils gambadent allégrement une journée de plus dans les bois…

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