Situé sur une colline tout près de Victoria, en Colombie-Britannique, l'Observatoire fédéral d'astrophysique (OFA) abrite le télescope Plaskett de 1,8 m, le premier grand projet scientifique financé par des fonds publics au Canada, qui a positionné le pays sur la scène mondiale de l'astrophysique. Au fil des années, le DAO a fini par accueillir un autre instrument merveilleux : le télescope de 1,2 m.
Ces instruments, que les astronomes utilisent encore la nuit quand le ciel est dégagé, sont maintenant exploités et gérés par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Il s'agit de télescopes optiques dotés de miroirs massifs recouverts d'un revêtement métallique ultrafin qui permet de capter la lueur des étoiles et des galaxies lointaines.
Un entretien régulier de ces miroirs et de leur revêtement est nécessaire pour que les astronomes puissent recueillir les données dont ils ont besoin dans le cadre de leurs recherches.
« En tant que gardiens des télescopes, nous sommes très fiers d'aider nos chercheurs et chercheuses à obtenir les meilleurs résultats possibles », déclare Felipe Miranda, superviseur de la fabrication au sein des Services de conception et de fabrication, qui entretient les télescopes du CNRC depuis 2008. « Nous sommes conscients que très peu de gens dans le monde ont la chance d'en profiter. »
Avec le temps, le revêtement métallique se détériore, ce qui crée de petits vides sur la surface du miroir et réduit sa capacité à réfléchir la lumière des étoiles. De plus, si le miroir est sale, la lumière se disperse et crée un fond lumineux indésirable qui réduit la visibilité des objets célestes à faible luminosité, et peut même les rendre indétectables.
« Bien souvent, un télescope doit fixer un objet pendant des heures pour capter assez de lumière », explique Dmitry Monin, agent technique au Centre de recherche Herzberg en astronomie et en astrophysique (HAA) du CNRC. « Quand la réflectivité du miroir diminue, la durée d'observation s'allonge encore plus, ce qui réduit le nombre d'objets pouvant être observés durant la nuit. Un bon entretien des miroirs nous permet donc de maximiser les résultats scientifiques du télescope. »
Nos spécialistes font bien plus que simplement entretenir les télescopes, et apportent leur soutien de diverses autres manières, notamment en concevant et en fabriquant sur mesure des appareils de recherche mécaniques et des prototypes. « Notre mission est de permettre aux scientifiques de mener à bien leurs recherches en construisant de nouveaux outils et en entretenant nos installations de pointe », ajoute Camile Lebrun, directrice de la production.
La restauration des miroirs des télescopes : un processus éblouissant
Pour effectuer l'entretien, l'équipe retire d'abord le miroir primaire du télescope et le descend par une trappe dans le sol jusqu'à l'installation de revêtement située sous le télescope. Le revêtement en aluminium détérioré est enlevé chimiquement du miroir, puis le verre est nettoyé à l'aide de savon pur, d'eau distillée et de chiffons non pelucheux.
L'équipe place ensuite le verre propre dans une chambre à vide contenant des bobines de tungstène propres enveloppées dans de l'aluminium pur. Une fois la chambre scellée, l'air y est extrait à l'aide de pompes à vide.
Enfin, l'équipe alimente les bobines de tungstène jusqu'à ce qu'elles deviennent incandescentes (comme le ferait une ampoule à incandescence), jusqu'à ce que l'aluminium autour fonde et s'infiltre dans la bobine de tungstène. Une augmentation rapide de la tension permet de vaporiser l'aluminium et de le déposer sur la surface du miroir.
L'application d'une nouvelle couche de revêtement, processus qui prend environ 1 semaine, fait partie du programme d'entretien du télescope depuis des années. On a même installé une usine dédiée à l'aluminisation du verre dans l'observatoire. À chaque fois, l'équipe améliore et affine son processus, ajoutant des étapes au besoin pour s'assurer que le miroir reste aussi propre que possible lorsqu'il est hors du télescope.
« Même si le télescope de 1,2 m existe depuis 63 ans et celui de 1,8 m, depuis 107 ans, ces outils de recherche continuent d'être utilisés quand les nuits offrent un ciel dégagé », affirme Neal Kelly, responsable principale de la fabrication. « Il faut donc les entretenir régulièrement, et ce travail nous apporte une immense fierté. En gardant ces télescopes en bon état, nous assurons leur bon fonctionnement — maintenant et pour les années à venir. »